• Hocquigny

     

    Hocquigny

    « L’Avranchin monumental et historique » 1845 par Edouard LE HERICHER p.56 à 60


    La petite commune de Hocquigny est une ellipse dessinée par deux faibles affluents du Thar qui l’enferment comme dans deux bras. Au sud, le Thar lui sert de limite, et sépare son village de la Garenne du bois de la Luzerne.

    L’église et le prieuré sont les deux monuments historiques de cette commune.

    L’église est moderne, avec quelques objets anciens. Un fronton de la renaissance, un vitrail peint, un Agnus Dei, deux statuettes venues du prieuré, les pierres angulaires, telles sont les parties anciennes. Dans le chœur on lit le sigle D. O. M., avec une date mutilée. Il y a un écusson sur l’arc de la plupart des fenêtres. Les tombes sont du XVII° siècle : sur l’une on lit : « Deo vivat. » La tour, plus vieille que le reste, n’a pourtant pas de caractère artistique. La croix est ancienne. Un bénitier insculpté peut être signalé dans cette église sans sculpture. Cette église, au Moyen age, avait pour patron le prieuré de la Bloutière, et un revenu de 40 liv . En 1648, le seigneur était celui de la Haye-paynel, et le revenu était de 800 liv.

    L’historien du bocage nous a conservé le serment d’un curé de cette église, qui a un intérêt local et un intérêt historique  : « Moi frère Robert, curé de l’église de Hocquigny et Prieur de la Maison-Dieu de la Haye-Paynel, je jure et promets obéissance et révérence à mon seigneur mon évêque et à ses successeurs légitimes, que je servirai fidèlement en ladite église, que je résiderai personnellement et continuellement en ladite Maison-Dieu, comme je le dois, à moins que je n’obtienne par permission de m’absenter, ou que je sois dispensé de résider par ledit seigneur évêque ou autre qui en auroit le pouvoir. Je jure aussi que je ne distrairai, n’aliènerai ni ne permettrai qu’il soit aliéné aucun biens de ladite église et Maison-Dieu, que je ferai au contraire tout mon possible pour recouvrer ce qui a été aliéné : si je ne le puis, je le ferai savoir à mon prieur de la Bloutière, à mon seigneur l’évêque ou à son official ».

    Presque en face du Château-Ganne, dans un vallon baigné par le ruisseau qui passe sous ses ruines, ou l’Eauplante, sont les restes d’un hôpital du Moyen Age, de la Maison-Dieu de la Haye ou d’Hocquigny, du prieuré Saint-Maur . C’est un monument très intéressant, et par sa destination, et par sa date, et par son histoire. Comme architecture, c’est une grande galerie, généralement romane, avec une chapelle romane-gothique , vers le nord, et percées dans le reste de cinq portes ogivales. Comme hôpital, c’est un édifice placé dans un vallon agréable, au bord d’une eau courante, aéré par de larges baies. Sous le rapport de l’histoire, c’est un hospice, fondé au XII° siècle, auquel fut réuni celui du Repas . Voici deux actes qui se rattachent à son histoire :

    « Ego Fulco Paganellus miles dominus Haye Paganelli et Albignei in Brittania dedi … domui Dei de Haya Paganelli boscum situm juxta boscum Johannis de Musca militis ex una parte sicut se protendit in longum et latum usque ad fossam ex altera parte quam fossam Petrus presbiter de domo Dei fecit inter predictum boscum et Garendam . Et pretesea dedi domui Dei prefate clausum e utroque parte aque in quo clauso domus Dei sita est … 1235 ».

    « Le prieuré ou Hotel-Dieu de Hocquigny ou autrement de la Haye-Painel est un bénéfice régulier à charges dâmes et est un membre dépendant du prieuré conventuel de la Bloutière, reny et annexé à la cure régulière de Hocquigny et administré par le curé qui est un des religieux de la Bloutière. Il est à charge dâmes ayant été fondé par noble seigneur Foulques Painel seigneur des ville chasteaux et parroisse de la Haye Painel et autres lieux fondé et destiné pour y nourrir entretenir et administrer tant au spirituel quau temporel, les pauvres du lieu actuellement y demeurans. Lesquels pauvres y sont admis des paroisses de Hocquigny, la Haye Painel, le Tanu et Folligny qui relevent des seigneurs fondateurs et bienfaicteurs diceluy et lesquels y sont nourris couchez traictez et medicamentez pendant leurs maladies, et meme pendant toute leur vie si leurs maladies sont incurables ou si ce sont des pauvres invalides y ayant licts en etat pour les coucher et personnes preposez pour les servir dans leurs necessitez. Sil ne se présente pas de pauvres invalides ou malades en nombre suffisant, le revenant bon dudit Hostel Dieu est distribué en aumones générales aux pauvres nécessiteux desdites quatre parroisses. Il y a deux etres de maisons, lun pour les invalides et lautre pour les grabataires. Il y a aussi une chapelle erigée en Honneur de Saint-Maur ou se dit la messe et en laquelle on administre les Saints Sacrements auxdts pauvres et y a au bout un cimetière pour la sépulture des pauvres qui trepassent audict Hostel Dieu…  ».

    Il est probable que le nom de Hocquigny est un radical représentant un nom d’homme, avec une terminaison paragogique du sens général d’habitation. Le Domesday jette une certaine lumière sur cette étymologie et offre un rapprochement au moins très frappant. Nous y trouvons un nommé Hacun : Hacuncium, Hocuncium, Hocquigny, naturellement formés signifie habitation des Hacun. Mais ce qu’il y a de remarquable, c’est que ce Hacun était l’homme de Raoul Paynel Homo Radulfi Paganel, seigneur de la conquête, comme Hocquigny était la terre de la même famille.

    Suivant un historien, Hocquigny fut un des fiefs donnés à Jehan Browe par le roi Henri V, dans l’occupation de la Normandie, au commencement du XV° siècle .


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